Un redoublement inefficace, comment refuser le redoublement


Au sommaire
Un redoublement inefficace
Et les plus jeunes, les enfants dys? 
Comment contester un redoublement

Un redoublement inefficace

Un taux de redoublement alarmant

Le saviez-vous ?
En France, en 2009, 36 % des jeunes de 15 ans avaient au moins redoublé une classe! D'autres pays font un choix diamétralement opposé et pratiquent peu le redoublement. En Europe, la France était alors un des trois pays où on redouble le plus ! (Ces chiffres sont à retrouver dans ce document réalisé par Eurydice).
En 2012, ce taux de redoublement était de 28 % selon une enquête PISA.
7 % des élèves redoublent le CP et le CE1!
Le redoublement est donc très largement pratiqué.

Un redoublement inefficace 

Extrait d'un rapport sur l'académie de Caen (lien), lui-même extrait du rapport réalisé par le Haut Conseil de l'Education.
"Parmi deux élèves qui avaient le même faible niveau en fin de CP et qui ont, l’un redoublé, l’autre suivi un CE1, celui qui est passé obtient de meilleures performances en fin de CE1 que l’autre en fin de CP, à la même date.
Celui qui a redoublé obtient des performances identiques au précédent à la fin de son CE1, un an plus tard. On peut donc en déduire qu’il a perdu un an."
"le résultat moyen du groupe des redoublants est surpassé par 60% des élèves promus" (p17)
"nous constatons un écart croissant au fil des années au désavantage des élèves redoublants" 
"seuls 20 % des élèves faibles promus ont des performances équivalentes ou plus basses que la moyenne des performances des redoublants" (p20).
"Les performances des petits français sont plutôt moins bonnes que celles des élèves de pays où l'on pratique le passage automatique dans la classe supérieure, comme la Grande-Bretagne, l'Irlande, les pays scandinaves". (page 1 document académie).
Pour les plus courageux,  clic pour lire "Le redoublement : radiographie d'une décision à la recherche de sa légitimité." (584 pages)

Une réussite compromise

"Jusqu'au début des années 2000, les chercheurs mettent en évidence unanimement des effets négatifs du redoublement, notamment sur les résultats scolaires, à court et long terme." (p 11 dossier CNESCO)

"Le redoublement a, en revanche, toujours un effet négatif sur les trajectoires scolaires et demeure le meilleur déterminant du décrochage".
"Une large majorité des lycéens et collégiens met aussi en évidence des effets psychos-sociaux négatifs puissants associés à cette pratique pédagogique". (p16)

Un redoublement coûteux

 2,24 milliards d'euros sont dépensés chaque année pour les redoublements! (p 36 du rapport du Haut Conseil de l'Evaluation de l'école à lire ici).

Et les plus jeunes, les enfants dys?

Quand on regarde le tableau ci-dessus, on constate très nettement que plus le redoublement a lieu tôt, plus le niveau de qualification est bas ! 

Donnons le temps de grandir aux plus jeunes

Or, les classes de primaire sont généralement les classes où on propose le plus de redoublements pour les enfants de la fin de l'année. Tâchons de ne pas oublier que les enfants de la fin de l'année ont près d'une année d'écart avec les enfants du début de l'année! Un an à cet âge, c'est très important. Certains marchaient alors que d'autres n'étaient pas nés, ils ont donc commencé certains apprentissages, non pas plus tôt pour leur âge, mais plus tôt dans l'année. Donnons le temps aux petits de grandir. A l'adolescence, cet écart s'estompera. 

Une confiance en soi sabordée

"Un élève qui redouble se sent moins bien à l'école et a une moins bonne image de lui que les autres.
"Le redoublement est stigmatisant."
"Les redoublants, quel que soit leur âge, ont une image d'eux-mêmes systématiquement plus négative que leurs pairs n'ayant pas vécu cette situation".
"Le redoublement contribue à augmenter les risques de décrochage scolaire".
L'enfant dys tend déjà perdre confiance en lui. Stigmatisé, découragé de constater que ses efforts sont inutiles puisqu'il est sanctionné, il se détourne progressivement de ses apprentissages. C'est hélas une constante que j'ai constatée lors de mes accompagnements scolaires... Au contraire, l'enfant dys qui passe en classe supérieure se sent soutenu et redouble d'efforts.

Au primaire, je déconseille vivement le redoublement.
Pour les classes supérieures, le ressenti de l'adolescent est important. Un redoublement devrait être une exception. Cependant, au lycée et éventuellement à la fin du collège, le programme est chargé et si un adolescent fatigue, si aucune aide n'a été utile, il peut être judicieux de lui demander s'il pense qu'un redoublement lui serait profitable.

Dans tous les cas, mieux vaut proposer une aide à l'enfant dys que lui imposer un redoublement. Ses particularités sont liées à son fonctionnement neurologique. Aucun redoublement ne changera cela. Il importe de lui apprendre à s'adapter, à utiliser ses qualités et de le soutenir.

Comment contester un redoublement

Un redoublement ne peut être imposé.
Désormais l'accord des parents est nécessaire :
« A titre exceptionnel, le redoublement peut être décidé pour pallier une période importante de rupture des apprentissages scolaires. Le redoublement ne peut intervenir à l'école maternelle, sans préjudice des dispositions de l'article D. 351-7. A l'école élémentaire, lorsqu'il est proposé, il doit faire l'objet d'une phase de dialogue conduite avec les représentants légaux de l'élève et peut être assorti d'un dispositif d'aide."
(Article 3)
"Si les représentants légaux contestent la proposition, ils peuvent, dans le même délai, saisir une commission de recours constituée à l'initiative d'au moins une école privée."(Article 6)
A savoir, la saisie de cette commission n'est pas automatique. Un dialogue et l'assurance d'un suivi personnalisé suffisent parfois pour obtenir le passage en classe supérieure. 

Attention ! Réagissez vite si vous vous opposez au redoublement!
« L'équipe pédagogique, éventuellement sur demande des représentants légaux, examine la situation de l'enfant. L'avis du médecin scolaire peut être demandé. Une proposition écrite est adressée aux représentants légaux par le directeur. Ceux-ci font connaître leur réponse écrite dans un délai de quinze jours à compter de cette notification. Passé ce délai, l'absence de réponse équivaut à l'acceptation de la proposition." (Article 6)
Décret N°2014-1377 du 18 novembre 2014

  
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