Troubles d'intégration sensorielle


Lorsqu'on a un enfant dys ou hyperactif, on s'interroge, pourquoi, comment? Que se passe-t-il? Pourquoi a-t-il, a-t-elle toutes ces difficultés?
Pourquoi cet enfant se plaint-il d'avoir mal lorsque je lui frôle l'épaule? Pourquoi celui-ci ne supporte pas qu'on lui effleure le pied? Pourquoi cet autre est obligé de sortir d'une pièce occupée, les mains sur les oreilles, parce qu'il la juge trop bruyante? Pourquoi celui-ci semble au contraire insensible à la douleur? Est-ce que tout est lié?


Troubles neurovisuels


Dans un premier temps j'ai découvert les troubles neurovisuels sur le blog Troubles neurovisuels, une explication plausible pour certaines dys. Marc a un suivi particulier: il porte des semelles proprioceptives, des lunettes à prisme et suit différentes rééducation (journal du traitement sensoriel de Marc ici).
Sur Dys à Londres, témoignage sur un traitement proprioceptif. 

De son côté Pierre Griffon, psychologue, propose un dossier pour mieux connaitre les troubles neurovisuels. Il explique ainsi que le travail de l'oeil pour voir n'est pas isolé, il doit être traité par le cerveau bien sûr, mais il dépend également des autres perceptions pluri-sensorielles. Ce dossier de 26 pages nous permet de découvrir différents troubles neurovisuels (non nécessairement liés aux dys) et des rééducations proposées.


La proprioception, qu'est-ce que c'est ? 


Les yeux ne sont cependant pas les seuls à pouvoir être en cause. 
Nous avons tous appris que nous avions 5 sens: l'ouïe, la vue, l'odorat, le toucher et le goût. Parfois on évoque également le fameux 6e sens, celui de l'instinct.
La proprioception serait un sixième ou septième sens: la perception des positions des différents membres de notre corps.
Les propriocepteurs captent l'information via les muscles, articulations et tendons et la transmettent à notre cerveau. Peu performants, nous semblons maladroits... nous risquons de nous blesser...

Pour ma part, je suis très certainement dyspraxique et je cumule les entorses et foulures.
Lorsque j'ai découvert que nous avions un système proprioceptif, j'ai mis en place différentes propositions pour ma fille dyspraxique et moi. Ainsi afin de limiter les entorses et foulures, j'ai acheté un plateau d'équilibre que j'ai utilisé quotidiennement (10 minutes environ) afin de solliciter les muscles, tendons et articulations de mes jambes, je n'ai pas eu une seule entorse en un an, ce qui pour moi est miraculeux!

Trouble du traitement sensoriel/Problème d'intégration sensorielle


Ces deux appellations représentent la même chose. Lorsque notre intégration sensorielle est bonne, notre cerveau interprète correctement les signaux envoyés par notre rétine, notre cochlée (située dans notre oreille), notre peau, notre langue, notre nez, notre oreille interne (système vestibulaire garant de notre équilibre- 7e ou 8e sens), nos muscles, tendons et articulations.
Un article sur Portail enfance intitulé "Trouble du traitement de l'information sensorielle (SPD)" nous présente nos différents systèmes sensoriels.

Avec un traitement sensoriel déficient, nous rencontrons des difficultés plus ou moins nombreuses en fonction de l'intensité des difficultés d'intégration de notre cerveau.
L'institut universitaire de rééducation situé au Québec propose ici une brochure de 20 pages (n'hésitez pas à la consulter, elle est à la fois courte et claire) apportant des précisions.  Ainsi cette brochure précise que les difficultés peuvent être de deux ordres :
  • des difficultés de modulation sensorielle causées par une mauvais perception des stimulus: hypersensibilité ou hyposensibilité (elle-même se traduit par l'apathie ou l'hyperactivité).
Sur Ubility dans un article intitulé Problèmes de traitement sensoriel expliqués, 
on nous explique également que les difficultés d'intégration sensorielle conduisent à deux types de profil: celles et ceux qui fuient certaines sensations en raison d'une hypersensibilité et celles et ceux qui les recherchent (généralement hyperactifs) en raison d'une hyposensibilité.

  • des difficultés de praxie motrice causées par une mauvaise analyse des stimulus : problèmes de coordination des mouvements. L'enfant dyspraxique devra donc répéter les nouveaux gestes bien davantage qu'un autre enfant, il peine à les automatise, certains gestes sont difficilement accessibles.
Cet autre document de 63 pages (probablement un diaporama converti en PDF), Trouble de modulation sensorielle, explique la découverte de ces troubles, le fait qu'ils soient controversés (précision également apportée sur Planète santé qui précise qu'ils le sont notamment car les critères de diagnostic sont parfois trop larges).  Quelques stratégies y sont également proposées.

Théorie controversée ou pas, pour le vivre de l'intérieur et l'avoir observé, c'est une piste qui me semble intéressante à explorer même si sans doute à nuancer puisque, par exemple, je connais des enfants hypersensibles également en quête de sensations (profil hyperactif).
A suivre donc.

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