On m'a dit que je ne pourrais pas... Repousser les limites


Petite-fille sage, raisonnable.
Mais aussi petite-fille différente... amblyope et dyspraxique.

Il y a tant de choses qu'on m'a dit que je ne pourrais pas...
Des choses que je ne pourrais pas changer et que j'ai changées tout de même...
Des limites que j'aurais...


  • On m'a dit que je ne pourrais pas grimper aux arbres parce que je ne voyais pas assez bien. Je suis tombée, j'ai grimpé et j'ai adoré ça!
  • On m'a dit que je n'arriverais pas à faire du vélo. J'ai mis du temps, beaucoup de temps... je suis tombée, je me suis beaucoup écorché les genoux et les mains, mais j'y suis enfin arrivée à 11 ans et j'adore pédaler!
  • On m'a dit que j'étais incapable de réaliser une jolie figure géométrique, on ne savait pas alors que j'étais dyspraxique. Enfant, je n'ai jamais fait de jolies figures. Adolescente, elles étaient passables. J'ai tout de même obtenu un bac Lettres et maths. Adulte, j'ai appris à prendre le temps et des repères et même à enseigner à des enfants comment les réaliser. Mes différences sont ce qui m'a permis de m'adapter à des enfants différents...
  • On m'a dit que je ne serais jamais pilote comme je l'avais rêvé pendant un temps... J'ai découvert depuis une femme aveugle et pilote. En Charente, des stages sont organisés. Je ne suis pas aveugle : si des gens peuvent voler, je pourrais si je le souhaite.
  • On m'a dit que je ne devrais pas bricoler, trop risqué avec un seul oeil. Un jour, j'en ai eu assez, j'ai bricolé et j'ai aimé ça! Bien plus que le tricot d'ailleurs. ;) Les clichés pour les femmes s'ajoutent bien sûr au reste des "tu ne peux pas". 
  • On m'a dit que je ne pourrais pas conduire, surtout alors que je cumulais les échecs (5). Et pourtant, je l'ai décroché ce permis et je n'ai jamais eu d'accident en plus de 20 ans. 
Dans ma vie, on m'a donné bien des limites... je m'en suis posé aussi... Je ne peux pas toutes les franchir, souvent parce qu'au fond je n'en ai pas vraiment envie. Parfois parce que, je peux bien m'agacer autant que je veux, je ne peux, par exemple, pas percevoir les reliefs.
Enfant et adolescente, je devais travailler beaucoup plus qu'une autre, heureusement mon cerveau, lui, se connectait un peu plus vite et un peu plus densément que la moyenne. C'est sans doute pourquoi je n'ai jamais redoublé, me suis maintenue dans les bonnes élèves et ai décroché le bac du premier coup. A quel prix? A la fin de l'adolescence, j'étais épuisée.
Les limites m'étouffaient, j'ai ressenti un besoin viscéral de les éloigner. 
Repousser les limites m'a permis d'être plus efficace, de toujours vouloir faire plus...

Parfois, comme aujourd'hui, mon corps me rappelle mes limites et j'ai envie de pleurer et de hurler contre lui... Aujourd'hui, alors que, chaque semaine, je fais ce trajet, je me suis perdue... une fois de plus... Et là, au milieu de je ne sais où, sans mon précieux allié le GPS, j'ai eu envie de m'écrouler en larmes...
Etre dyspraxique, ça veut dire se concentrer tout le temps... Mon corps a enregistré le parcours à réaliser, il l'a plus ou moins minuté... Aujourd'hui, une alerte pollution nous a obligés à ralentir, mes repères étaient perdus... la fatigue liée à mon besoin constant de toujours repousser mes limites, c'est à double tranchant parfois... Ailleurs, sur cette route à l'opposé de la mienne, j'avais le choix: m'arrêter ou repousser les limites... Pour rentrer chez moi, j'ai choisi de les repousser encore...
A moi de ne pas oublier d'entendre mes vraies limites, pas celles qu'on m'a prophétisées ni celles que j'imagine ne pas pouvoir repousser. 

Sur le chemin du retour, en manquant de me perdre une seconde fois, j'ai pensé à Cultitalents... aux raisons pour lesquelles je m'étais lancée dans cette aventure...
Pour aider ceux qui le souhaitent à repousser ces limites que parfois ils sentent trop durement...
Pour, qu'ensemble, nous n'oublions jamais que nous avons bien des talents.

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