Jeux vidéos à profusion et difficultés d'apprentissage: le cocktail explosif


Aujourd'hui bien des enfants, des adolescents, des petits adorent les jeux vidéos.
On voit fleurir des tablettes, des applications pour les plus jeunes, on nous promet plus de facilité pour apprendre, on nous promet des jeux utiles. On oublie de nous dire que derrière tout ça se cache un gigantesque marché économique... On oublie de nous dire que la prudence devrait être de mise...

Etudes et expériences à l'appui, je vous invite à y réfléchir de votre côté et à vous créer votre propre opinion.



Mon expérience en tant que maman et en tant qu'observatrice


Lorsque j'étais jeune un de mes frères jouait beaucoup, il n'était pas limité. Avec ses jeux, il tenait difficilement en place, il était souvent énervé... Après une longue séance, je l'évitais... Je me suis promis d'être prudente lorsque je serai maman, je n'imaginais pas il y a trente ans que les jeux se développeraient à ce point...

Lorsque ma fille aînée est née, j'ai pensé qu'il valait mieux attendre un peu, elle bougeait beaucoup, mon petit doigt me disait que les écrans ne seraient peut-être pas évidents à gérer pour elle... Et de fait lorsqu'elle eut sa première console à 6 ans, il s'avéra qu'elle devenait très agitée si elle jouait plus d'une heure, que les heures suivantes elle n'était pas la même, plus nerveuse, plus hypersensible... Nous décidâmes donc de limiter son utilisation des jeux sur écran à 45 mn. Aujourd'hui elle joue librement et elle n'a jamais été une joueuse compulsive.
La cadette eut les mêmes limites, elle ne fut cependant pas aussi perturbée lorsque nous avions zappé l'heure limite.

A plusieurs reprises j'ai constaté que des enfants plus turbulents étaient souvent plus agités lorsqu'ils jouaient beaucoup et plusieurs personnes à qui j'ai conseillé de limiter un peu m'ont dit avoir constaté ensuite que l'enfant était plus calme, toujours speed, mais moins "pile électrique".

De la même façon j'ai souvent lu ou entendu des parents d'enfants souffrant de TDA (Trouble du Déficit de l'Attention) dirent qu'un niveau de jeu trop difficile ou un temps supérieur à 45 mn posait souci. L'enfant éprouve alors des difficultés à s'arrêter et ne maitrise plus ses émotions...


Etude américaine portant sur 72 adolescents d'environ 15 ans


Ces adolescents jouaient plus d'une heure par jour. Il a été constaté une corrélation entre les TDA et le temps passé à jouer...

Source : Chan P.A., Rabinowitz T. — A cross-sectional analysis of videogames and attention deficit hyperactivity disorder symptoms in adolescents. Ann. Gen. Psychiatry, 2006

TDA et jeux vidéos


Dans les études de Bioulac, Arti et Bouvard il a été établi que les enfants et adolescents souffrant de TDA expriment plus de difficultés (pleurs, colère,voire violence) lorsqu'on leur demande d'arrêter.

Source : Bioulac S., Arti L., Bouvard M.P. — Attention deficit/hyperactivity disorder and videogames: a comparative study of hyperactive and control children. European Psychiatry, 2008. Et Bioulac S., Arfi L., Michel G., Bouvard M.P. — Intérêt de l’utilisation du questionnaire des problèmes associés aux jeux vidéos de Tejeiro .Etude exploratoire chez des enfants présentant un TDAH Ann. Medico Psychologiques, 2010.


Sonnette d'alarme tirée par une orthophoniste


"Nous n'avons jamais eu autant de demandes de consultation pour des enfants, de plus en plus jeunes, avec des difficultés attentionnelles, des retards de parole-langage, des difficultés d'apprentissage...", souligne de son côté Carole Vanhoutte, orthophoniste et cofondatrice du groupe de réflexion Joue pense parle, au quotidien.

"Ces troubles ont pour la majorité un dénominateur commun : l'exposition précoce et intensive aux écrans".

Texte à retrouver ici ainsi que d'autres conséquences... 


Etude sur l'Instruction à domicile et les troubles d'apprentissage


"Si tous les enfants ayant des difficultés d'apprentissage ne jouent pas souvent ou ne sont pas "accros", il s'avère que 76,9 % des enfants qui sont "accros" aux jeux vidéos et écrans ont des difficultés d'apprentissage."

Source : Etude réalisée fin 2016 et à retrouver ici


Etude indiquant notamment les conséquences lorsque l'enfant ou ado est "accro"


En 2011, D.A Gentile a mené une étude sur 3 034 enfants d'élémentaire et secondaire à Singapour.

Lorsque les enfants sont devenus des joueurs "accros" (une trentaine d'heures de jeu par semaine), cette étude a révélé que les notes chutent, les relations avec les parents se dégradent, les enfants s'exposent à des jeux de plus en plus violents. Ensuite le niveau de dépression, d'anxiété et phobie sociale croît...


Une courte vidéo : le cerveau des enfants du numérique




Dans cette vidéo sont évoqués les intérêts des jeux numériques (l'objet de ce billet n'est pas de conseiller de les interdire), mais aussi un risque : celui d'agir par automatisme. Or les automatismes impliquent moins de réflexion et davantage de risques de manipulation possible du cerveau.
Pour conserver l'esprit critique, il me semble important de limiter lorsque l'enfant est jeune et de développer d'autres compétences.

Conclusion


De plus en plus d'enfants sont concernés par les difficultés d'apprentissage, en particulier par le TDA. Les enfants jouent de plus en plus, de plus en plus tôt. Hasard ou non?

Si les dys et TDA sont des troubles neurologiques, si bien des enfants souffrant de dys et même de TDA ne sont pas des joueurs compulsifs, visiblement l'excès de jeux vidéos en particulier pour les enfants hypersensibles avec ou sans TDA n'est pas sans risque.

Visiblement l'excès de jeux vidéos (excès à déterminer en fonction de l'âge de l'enfant) n'est pas anodin... Et je crois que les intérêts financiers devraient passer après le bien être des enfants.Une publicité qui vous promet monts et merveilles pour votre enfant de 3 ans utilisant une application, c'est une publicité, pas un fait établi.
Les difficultés évoquées ci-dessus sont des faits.

Les applications, les jeux sur écran ne sont pas des instruments du diable, ils ont de véritables qualités et intérêts, mais n'oublions pas que le cerveau des enfants est immature... On peut vivre avec eux, les utiliser, mais en faire un usage modéré surtout pour les plus jeunes! Pour ma part je m'inquiète de ces troubles croissants... Pas vous?
Et si nous étions prudents... 

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