Dyspraxie visuo-spatiale


On dit régulièrement des femmes qu'elles se perdent facilement. 
Nous sommes nombreux finalement à ne pas avoir un bon sens de l'orientation, parfois parce que nous n'avons pas prêté attention aux repères autour de nous, parfois parce que, effectivement, notre sens de l'orientation laisse à désirer. 
Cependant, cela ne signifie pas que nous souffrons tous de dyspraxie visuo-spatiale. 
Découvrons ensemble ce qu'implique cette dernière forme de dyspraxie.  

Au sommaire
  • Dyspraxie constructive visuo-spatiale
  • Comment aider l'enfant dyspraxique ? 


 Dyspraxie visuo-spatiale


La dyspraxie visuo-spatiale (DVS) est la forme de dyspraxie la plus courante. 
Ceux et celles qui en souffrent éprouvent des difficultés dans l'organisation du geste/regard et du repérage spatial. 
Ainsi, il est difficile de contrôler les mouvements des yeux et de s'orienter dans l'espace. 
Lorsqu'on souffre de dyspraxie visuo-spatiale, on se perd énormément, y compris dans des endroits bien connus
Régulièrement on est taxé de maladroit. "Mais enfin pourquoi est-ce que tu n'as pas fait attention au trottoir?!"   La distance a été mal perçue, les repères visuels ont été erronés. 
Lorsqu'on grandit, code et conduite posent problème. Ici vous retrouverez des astuces pour réussir le code.  
En lecture, il est difficile de suivre les lignes comme si les yeux "sautaient".
En géométrie, l'enfant souffrant de dyspraxie se sent perdu face aux figures dans l'espace. 


Comment aider l'enfant dyspraxique?

  •  Comme toujours, encourager, rassurer, rappeler les qualités et compétences.

Au quotidien

  • Coller une gommette dans les chaussures afin de savoir si elle va à gauche ou à droite. 
  • Afin d'améliorer le repérage gauche/droite, porter un objet d'un côté donné (montre, bracelet, etc.).
  • Développer la connaissance du schéma corporel : prendre conscience de son corps par des massages, des exercices de yoga ou de petits exercices ludiques ("nous allons jouer au robot : levons la jambe gauche, levons la jambe droite, etc.)
  • Proposer un jeu appelé "Au Nord, Au Sud" : choisir un texte et intercaler de manière aléatoire, "Au Nord", "Au Sud", "A l'Est" et "A l'Ouest". Indiquer les 4 directions cardinales dans l'espace jeu (elles n'ont pas à correspondre à la réalité). Lorsque l'enfant entend sa direction ("Au Nord" par exemple), il se dirige vers celle-ci. Dans le cas contraire, il vient au centre. Attention, ne choisissez pas un trop grand nombre de joueurs ou bien il risque de se cogner contre eux. 
  • Lors des promenades, inviter à prendre des repères visuels en attirant l'attention sur un point particulier, à se raconter des histoires en lien avec ce repère
  • Plus grand, utiliser un GPS pour éviter de se perdre
  • A table, inviter à placer systématiquement le verre au-dessus de l'assiette, limiter les objets sur la table si elle est petite. Ainsi des gestes non contrôlés seront évités. 

 

Pour les apprentissages

  • Choisir des textes suffisamment aérés, avec des interlignes suffisants. Les textes doivent être bien imprimés.
  • Eviter la surcharge de dessins. Quelques dessins peuvent être un plus, trop de dessins perturbent le repérage. 
  • Privilégier l'utilisation de couleurs et de grands polices pour les texte
  • Proposer des cahiers avec des lignes larges
  • Lire un texte en le suivant  avec le doigt
  • Utiliser une règle pour mieux se repérer dans le texte quand on cherche une information: la règle reste sous la ligne lue. 
  • Verbaliser les consignes 
  • Surligner ou mettre en valeur les mots clés
  • Utiliser des cartes aérées et colorées avec un nombre d'informations restreint
  • Manipuler au maximum, en particulier en mathématiques : un enfant dyspraxique se repérera plus facilement s'il peut solliciter d'autres sens. Il est donc important qu'il puisse utiliser du matériel Montessori ou autres. S'il touche et manipule un carré par exemple, il parviendra plus facilement à l'identifier. En sentant ses contours, il pourra le différencier d'une autre forme touchée, par exemple, le rectangle. 
  • Garder à l'esprit que, comme pour toute dyspraxie, les automatismes sont très difficiles à acquérir et qu'un succès à un moment M ne signifie pas la réussite définitive. 
  • Allonger le temps pour les exercices ou devoirs ou raccourcir le nombre d'exercices car la prise d'informations est plus lente.  
  • Concernant le sport, garder à l'esprit qu'il est très difficile, par exemple, d'attraper une balle, de reproduire un mouvement de danse lorsqu'on peine à se repérer dans l'espace. Se placer à côté et détailler les mouvements en les commentant et invitant à les reproduire.  
  • En sport toujours, limiter le nombre de joueurs : plus ils sont nombreux, plus il est difficile pour une personne dyspraxique de se repérer, les sollicitations visuelles étant plus importantes. 
  • Lorsque c'est possible, éviter les balles et ballons qui "disparaissent", privilégier les balles et ballons colorés.  
  • Attribuer des maillots de couleur nettement différenciés afin de mieux identifier s'il s'agit d'un partenaire ou d'un adversaire. Et garder à l'esprit que, même ainsi, la personne souffrant de dyspraxie est capable de marquer un but contre sa propre équipe (c'est du vécu ;)).
  • Proposer une place dans les buts : avec un mouvement limité, une place fixe, il est plus facile de se repérer dans l'espace. 

  •  Pour les arts plastiques et dessins, découper les étapes. Détailler étape après étape, si possible avec des couleurs pour mieux repérer la nouvelle étape. Garder à l'esprit que l'enfant dyspraxique peut ne pas aimer dessiner parce que c'est très compliqué pour lui, en particulier s'il cumule avec une autre dyspraxie.
  • S'organiser : Pour mieux repérer les cahiers et livres de cours, utiliser une couleur pour chacun, reprendre cette couleur pour les casiers (un casier par matière) et l'emploi du temps.  
Retrouvez le billet vous présentant les différentes dyspraxies.  
En fin de semaine, j'envisage également de vous présenter un dernier outil autour de la dyspraxie.  

Retrouvez Mémoire d'éléphant- Mémoriser avec un trouble dys, un TDA ou pas

Commentaires

cendrillon a dit…
coucou

Merci pour cet article complet et clair.
Ici, un de mes enfants a cette dyspraxie et c'est rigolo, le seul point où il se débrouille très bien et où sa dyspraxie ne le gêne pas, c'est en sport contrairement à son frère.

bonne journée

et merci d'avoir modifié les paramètres pour que je laisse des commentaires.
Lise Isa a dit…
Je suis épatée ! Il parvient à se débrouiller dans tous les sports ou il a des "bulles de compétence"?
Bonne journée !

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