Dyspraxie oro-faciale, une dyspraxie à surveiller


Comme ils sont touchants nos enfants lorsqu'ils soufflent leurs premières bougies. Sans sourciller, nous avalons la part de gâteau noyée dans leur filet de salive. Ils sont déjà si grands nos tous petits.
L'enfant souffrant de dyspraxie oro-faciale ne sait pas s'il doit souffler ou inspirer, au mieux il crachouille, les bougies ne s'éteignent pas... ou parfois si, grâce à un nuage de "bavouille" enfantine...



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Dyspraxie oro-faciale
Comment aider l'enfant dyspraxique ? 

Dyspraxie oro-faciale


La dyspraxie oro-faciale ou bucco-faciale implique des difficultés à articuler (on a le sentiment que l'enfant "mange ses mots"), à déglutir, à gonfler les joues, à souffler des bougies, à se moucher, etc. 
L'ensemble musculaire bucco-faciale se trouve en difficulté. 
Elle est rarement isolée et parfois classée dans les dysphasies.  

En tant que parent, cette dyspraxie est une des plus difficiles à vivre. 
Ne pas toujours comprendre ce que l'enfant dit, c'est une chose. Le problème le plus difficile, c'est le fait que l'enfant s'étouffe régulièrement... 
Petit, les fausses routes ne sont pas rares. Plus grand, cela arrive trop souvent. Lorsqu'on ne sait pas, on peut être tenté de lui dire "Mais mange donc moins vite !". Bien sûr il arrive qu'il aille trop vite, comme tous les enfants pressés à un moment ou un autre, mais cela lui arrive bien plus souvent lorsqu'il est fatigué ou en double tâche... lorsqu'on lui pose une question, par exemple, alors qu'il mange. 
Il s'agit d'une dyspraxie non constructive

Comment aider l'enfant dyspraxique?

  • Comme toujours, soyons bienveillant. Invitons-le à se réjouir des progrès. En cas de souci, n'oublions pas que ce n'est pas volontaire. 
  • Lorsqu'il mange et boit, encourageons-le à prendre son temps. Oui, c'est agaçant, surtout si les autres ont déjà terminé de manger et pas lui. Le problème, c'est que lui ne se concentre plus sur l'acte de manger ou boire s'il va trop vite. Il lui faut se concentrer pour se nourrir et se désaltérer même si ces actes sont plus ou moins conscients. 
  • Petit, il tarde à vouloir manger à la cuillère, il a peut-être ses raisons... Un enfant dyspraxique mangera peu de morceaux plus longtemps qu'un autre ... A cette époque-là, vous ne saurez pas encore, mais vous constaterez qu'il y a déjà des fausses routes... Plus grand, il est végétarien ou mange peu de viande? C'est peut-être aussi bien... Une fausse route avec des aliments mous est moins dangereuse que des morceaux difficiles à mâcher. Laissons-le manger les aliments qui lui correspondent le plus. 
  • Il souhaite que nous le fassions manger : il peut en avoir besoin durant un certain temps. Cette dyspraxie étant rarement isolée, il doit cumuler les difficultés s'il n'automatise pas les gestes pour saisir sa nourriture, la porter à sa bouche puis l'avaler. 
  • Proposons un gobelet à poignet avec embout bouche ou un verre tronqué (exemple là) aussi longtemps qu'il en a besoin.
  • Il mastique beaucoup ? Et s'il se rééduquait à sa façon? Laissons-le agir ainsi.  Hop Toys (lien) conseille ainsi un certain nombre d'outils pour rééduquer les praxies bucco-faciales
  • Il mange la bouche grande ouverte et bruyamment: une fois encore soyons patient. Lorsqu'il grandit, encourageons-le à manger plus discrètement, mais sans trop d'insistance et surtout pas lorsqu'il est fatigué. 
  • Apprenons les gestes qui sauvent : une fausse-route n'est pas toujours anodine... Ici  les gestes qui sauvent pour un bébé et pour les plus grands. 
  • Commentons les actions qui posent problème afin qu'elles puissent être plus facilement repérées et reproduites au fil du temps. 
  • Invitons-le à faire des grimaces avec la bouche afin qu'il prenne plus facilement confiance des différents organes de la bouche. En plus du plaisir de grimacer, pour que ces grimaces soient plus efficaces, commentons : "langue en haut, en bas, bouche écartée, etc."
  • Concernant la parole, invitons-le à prendre le temps de parler et d'articuler. C'est agaçant ces sons qui ne sortent pas comme il faudrait, aussi bien et vite qu'on voudrait. Le souci, c'est qu'en parlant plus vite, l'interlocuteur ne le comprend plus. 
  • Proposons lui des virelangues : pas en les disant le plus rapidement possible, mais en les formulant le plus distinctement possible (un fichier là).
  • Proposons lui d'interpréter quelques scènes de théâtre, de chanter ou de s'inscrire dans un club (théâtre ou cours de chant), on y apprend à poser sa voix. Jouons avec lui aux géants qui doivent ouvrir grand la bouche et bien articuler pour que les tous petits êtres presque invisibles puissent nous entendre et nous comprendre.
  • Comme toujours, soyons patients : nos chers dyspraxiques ont besoin de temps et de répétition tout en gardant à l'esprit que chaque progrès lié à sa difficulté demande beaucoup d'efforts et peut donc être instable dans le temps en cas de fatigue, stress ou manque de concentration pour x raison.

Ici, un livret complet destiné aux orthophonistes : il donne des indications biologiques, les critères du diagnostic et la prise en charge (à partir de la page 35).

Là, un document sur la dyspraxie verbale.

 Retrouvez ici l'article Une ou des dyspraxies : Identifier la dyspraxie et Carte heuristique Dyspraxie avec des liens-billets pour chaque dyspraxie.


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